Pascal Depresle

AUTEUR

 

Pascal Depresle



" La vie de Pascal Depresle ressemble, à bien des égards, à un roman. Mais il aura fallu trente-quatre ans avant que l'auteur ne se décide à la raconter.

Avec ses trois premiers ouvrages, une trilogie poétique intitulée Le cri des autres, c'est ce parcours quelque peu chaotique que raconte l'auteur, entre hasards du destin et drames personnels. Enfant précoce, le jeune Pascal est promis à un avenir des plus radieux. « J'avais des facilités qui m'ont amené à sauter deux classes. Mais j'étais flemmard à l'époque », dit-il. Flemmard, et un brin perdu. À quatorze ans, le gamin de Montluçon souffre de l'écart générationnel qui le sépare de ses camarades. « C'est particulier d'avoir des potes avec des voitures lorsqu'on n'a même pas l'âge d'avoir une mobylette.»

Pascal Depresle
« Écrire c'est quelque chose d'assez intime, j'en parlais très peu dans mon cercle familial, surtout par peur du jugement.»

Autodafé volontaire. Mais c'est un événement tragique qui va définitivement faire basculer Pascal Depresle dans l'âge adulte. Orphelin de père à quatorze ans, l'adolescent fait alors ses premières armes dans la rue. « Avec des gens peu recommandables, la pègre en somme », murmure-t-il pudiquement. Se joue alors une partition particulièrement trouble de sa vie. Ses « bêtises » comme il aime à les qualifier débutent lorsqu'il n'a que seize ans. Étudiant en lettres modernes et lettres classiques à Clermont-Ferrand, le jeune Pascal jongle alors entre petits larcins et premiers émois d'une passion dévorante pour l'écriture.

Je n'ai jamais eu affaire à la justice, mon casier est vierge. Ce que j'appelle mes bêtises, c'est en fait, à y réfléchir, l'exploitation des mineurs par les caïds de la pègre clermontoise et lyonnaise, dont j'étais plus victime qu'autre chose. Mais ce monde de la nuit reste une source inépuisable d'inspiration et d'anecdotes. »

Déjà à l'époque un petit signe du destin a failli changer radicalement la donne. En 1982, sur les bords de la Besbre, non loin de Montluçon, il y croise le romancier bourbonnais René Fallet à l'occasion d'une partie de pêche. Une rencontre fortuite, qui voit éclore une opportunité inattendue.

Déjà à l'époque un petit signe du destin a failli changer radicalement la donne. En 1982, sur les bords de la Besbre, non loin de Montluçon, il y croise le romancier bourbonnais René Fallet à l'occasion d'une partie de pêche. Une rencontre fortuite, qui voit éclore une opportunité inattendue.

« J'écrivais un roman à l'époque, et René Fallet m'avait conseillé auprès d'un éditeur qui travaillait pour Denoël. Mais je ne sais pas ce qui s'est passé, une panique soudaine, j'ai foutu le feu au manuscrit. »

De cet autodafé volontaire resteront des bribes, quelques cahiers et des morceaux choisis qui composeront, bien plus tard, la trilogie poétique de l'auteur. Mais l'heure était encore à la débrouille et aux mauvaises actions. Pascal devient alors « porteur de valise », mais il l'assure, « je n'ai jamais regardé ce qu'il y avait dans ces valises ». « Mineur et sans argent, quelle aubaine pour eux, car j'étais une victime bien consentante. Ayant grandi en cité, à la Verrerie, moi qui me prenais pour un petit caïd, j'ai croisé de grandes figures qui m'ont ramené à mon état de petit merdeux sans envergure ».

L'armée ? Une sale période quand à pas vingt ans on doit donner la mort

Mais la raison finie par l'emporter : il veut laisser tomber, « mais ils n'étaient pas d'accord », dit-il. Et c'est à cause de ces « ils » qu'à vingt ans, un diplôme en poche et d'anciennes connaissances peu amènes à oublier, Pascal Depresle prend la tangente. Une première dans l'armée, au Tchad, Liban, Centre Afrique, ainsi que tous les pays qui bordent le désert du Sahel.

« Une sale période quand à pas vingt ans on doit donner la mort. J'en garde certes un traumatisme, mais aussi cet esprit de corps et de camaraderie, qui faisait qu'on partait ensemble et qu'on arrivait ensemble. Et un attachement quasi charnel à la patrie et aux valeurs de la République, pas au nationalisme, surtout pas, mais au patriotisme dans ce qu'il a de plus noble. »


Un nouveau recueil et deux romans en préparation

C'est à l'issue de ses nombreuses vies, que Pascal Depresle s'est retournées vers sa vocation première. Il aura fallu l'insistance des deux auteurs, comme lui, amateurs et passionnés, notamment Sylvain Josset et Arkel, pour que la dernière reconversion de sa vie se mette en place. Le cri des autres a été une première délivrance, « une libération », pour reprendre les termes de son auteur. « C'est noir, même trash ; on peut le dire. Certaines choses sont autobiographiques, d'autres sont fantasmés. Mais le ton y est sombre. »

Désormais, la machine semble lancée. Son quatrième recueil est en cours de correction, tandis que l'auteur planche sur la finalisation de deux romans. Tout cela avant d'entamer une œuvre qui pourrait bien être le paroxysme d'une carrière tardive. « Un polar qui aurait Montluçon pour toile de fond ».



Source Texte: Sid Benahmed

lamontagne.fr

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Pascal Depresle
05 Décembre 21 ·

La voilà donc, la vie !
Cette histoire qu'on respire à l'envers, ces moments où les
couleurs changent parfois mais ne sont jamais les bonnes.
Ou ne sont pas celles qu'il faut voir.
Ces drôles de chutes qui font que l'on retombe toujours du côté
de la confiture, quelle que soit la hauteur de la chute.
Quelle qu'en soit sa nature aussi.
Pas de la confiture.
Encore que ça reste encore à définir, que de savoir si la douleur est
plus forte si l'on est tartiné, à plat sur les carreaux vintage de
notre enfance de plus en plus froide, de fraise ou d'abricot.
Ou de mûre.
Pas de murs.

Parce que c'est aussi ça, la vie.
Ces moments passés à bâtir des murs, l'un après l'autre, quart de tour après quart de
tour, pour se retrouver à bout d'arguments, de
parpaings et de mortier, enfermé dans sa propre vie, avec ses
nouveaux murs à vivre, qu'il nous faudra peindre de quotidien,
puis décorer de sourires rouge sang découpés dans des tranches
de vie, des rires enfermés dans des bouteilles à jamais
condamnées, des je t'aime qui n'auront plus que pour écho les
moellons bruts, jamais crépis, de notre dernière prison sans
fenêtre.

Une fenêtre, j'en ai eu une, un jour.
Une sur cour, il y a un an et plus.
Elle était la vie.

Je ne lui ai jamais rien confié, elle n'avait pas de lumière, pas
d'écho, si ce n'étaient celui des cri des prostituées africaines qui se
disputaient l'emplacement de la place Sainte-Claire aux filles
venues de l'Est. De l'Europe, pas de la France.
Au final, ça n'aurait d'ailleurs rien changé.

Oui, la revoilà, la vie.
Faite d'ombres encore plus ombres que leurs propres reflets, qui
se gâchent, qui se cachent, qui se refusent à penser qu'elles ont pu
dire je t'aime, alors que ces mots résonnent encore dans des éclats
cristallins de pierres et de draps au fond d'un jardinet de centre
ville, sur un guéridon de fer où tintaient deux coupes enlacées,
toutes bulles dehors, tandis que des oiseaux complices
commençaient à verser quelques larmes en souvenir d'un futur
qu'ils savaient déjà.

Cette vie dérangée un moment, rien qu'un seul.
Cette vie de sommeils et de petits matins cafés qui ne savaient pas
qu'ils n'étaient que des éphémères livrées en pâture à la nuit.

Puis gobés.

Puis oubliés volontaires, chemin des Dames qui ne demanderait
que le sang d'une seule victime.
D'un soldat pas même inconnu, ce n'est ni pour offrir, ni pour
décorer, Noël n'a pas besoin de sapin quand il pleure dans le cœur
des Hommes.

Toujours la vie.
Cette corrida qu'on ne dénonce pas, où chacun s'esquive quand d'autres se cachent
ou fuient. Sans doute parce que nous sommes tous un jour et le torero, costume de
paillettes, le matamore, celui qui met à mort, et le taureau, celui d'habits tâchés de
notre propre sang collant et chaud qu'on met à mort.

Oui, inestimable bien, le seul qu'on ne puisse échanger, ou alors à
le refuser d'un bloc, et s'en aller en un matin de printemps qui sent
le muguet, c'est pour l'image, aller fleurir de larmes ceux qui te
couvriront de fleurs dans un éclat de fer blindé.
Oui, la voilà donc, cette vie, cette histoire bonimenteuse qu'on
respire à l'envers.

Celle dont on ne mate jamais l'amor.
Qui retombe toujours du mauvais côté.

Même si c'est ta confiture préférée, et qu'elle te dit qu'elle t'aime.

( Photo Нетипичный Обормот )


Pascal Depresle

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Pascal Depresle
27 septembre, 07:12 ·

Des femmes un peu étranges
Quand je savais aimer
Des femmes un peu border
Mais que tu n'aimais pas

De mes petits shoots sans objectif
Aux matins caniveaux
Chiens policiers véreux à la truffe blanchie
D'avoir aimé la poudre
Héroïnes d'un temps seringué
Qui naviguaient tes veines
Pour aller se jeter aux cascades métalliques des anges déchus

Il nous cherchèrent si longtemps
Enfuis des corps où nous tenions salon
Quand il fallait danser

Brune, blonde ou rousse
Pour nous c'était des bières
Que nous avions en tête
- la poésie est un luxe qui ne s'achète pas aux pieds des tours -
Moi j'ai retenu dix
Avant de tout poser
Dix pour la dernière dose
Dix pour la dernière pose
Regarde moi salope je fais encore le beau
Dessous les caniveaux
Applaudi par les rats
Leurs yeux rouges de sang qui attendait le nôtre

Va t'en crever lui dis-je
Tu t'es trompée de corps
Je t'aime comme un mort
Tu t'es trompée de cave
C'est pas le soixante-neuf
C'est pas le soixante-six
C'est un trou dans un mur où crèvent quelques aiguilles
Quand ton pied se pose dessus

Trithérapie des matins sans soleil
Va t'en crever ailleurs salope je te l'ai déjà dit
Tu t'es trompé de mec
C'est pas un magazine qu'on feuillette la nuit
Aux lueurs blanches des réverbères

Ecume aux lèvres
Ne me laisse pas seul dans ces trous à merde et à pisse
Des plus bourrés que nous
Qui rentrent le matin
D'avoir baisé leur pute pour trente ou quarante balles
Dans le lit familial
Plus une dose pour faire passer leur queue
Pour le truc magique qui dégueule du bonheur

Ne me laisse pas seul
J'ai peur qu'après ton corps
Il me faillent une vie pour réapprendre cette merde d'amour
Cancer en phase terminale des sentiments gluants des niches à poux
De nos Carlton de cartons et de bitures

Rediffusion


Pascal Depresle

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Pascal Depresle
Septembre / 21

Tanker éventré qui s'échoue
En galets de tripes et de bons sentiments
J'ai flingué face au miroir
Le clown abscons qui me fixait comme un frère
Caïn comme ça va
Un œil reflet
Pour en faire gicler une dernière fois un truc un peu chaud
Qui poisse

Qu'importe la couleur
Qu'importe l'odeur
Puisqu'au final il ne restera rien
De ce que nous croyons être
De ces morceaux de chair
Qui palpitent
De ces morceaux d'aimer
Qui palpitent aussi
Mais
Qui sentent le sang qui fige et la merde qui sèche
La vie et le cul
La mort
Trois petits tours et tu connais la suite

Les ornières redeviennent toujours chemin quand l'oubli s'y attache

Les hirondelles sont parties
Au loin de vagues bruits de tirs annoncent l'ouverture
De la chasse aux solitudes
Celle qui fait tant de morts
Mais que jamais on ne dénonce
Les frelons s'espacent un peu
Les fruits gâtés viennent pourrir au pied de leurs géniteurs
Comme autant d'enfants abandonnés
A leurs propres existences
Comme autant d'humains abandonnés
A leurs propres silences
Humilité factice sans son d'humanité morte qui cherche la lumière
Et un peu d'oxygène
Pour tenter d'espérer
Jusqu'au lendemain

Le temps d'aller mendier sucer pour avaler sa dose

Ne pas souffrir
Ne pas réfléchir
Ne rien regretter qui puisse nous encombrer pour bien creuser le trou
Ne pas aimer
Ne pas crier
Ne pas danser
Ne pas souhaiter
Ne pas espérer
Ne pas rêver
Et surtout par dessus ne pas mot dire des passions qui nous portent
Pas de pause
Il n'y a que le cul qui s'affiche et se vend
Parfois
Sinon ce serait simple
Mais ne se donne pas
Va faire une comptine avec ça
Couchez-vous les enfants
Il était une fois un éclat dans le cœur monté jusqu'aux boyaux
Qui envoyait comme des feux d'artifices
Des lambeaux de nos vies

Non

Pour ne pas avorter d'une génération de fœtus morts-nés
Qu'on ira applaudir dans des bocaux du patrimoine
Tiens il aurait pu s'appeler Michel
Elle Isabelle tu ne crois pas ?
Coupez
On le refait

Il était une fois une jolie princesse
Amoureuse d'un prince qu'elle devait épouser
Ils eurent beaucoup d'enfants
Et il vécurent heureux

Comme j'ai autant de génocides en poche de mouchoirs séchés
Craquants sous mes doigts
Qui me hurlent papa quand j'ouvre la poubelle

Mais ça
On leur racontera plus tard
Quand il sera trop tard


Pascal Depresle

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Pascal Depresle
20 août, 08:41

Il y a un chien
Détaché
Qui reste couché devant sa niche

Tout dort

Il y a une enfant
Aux cheveux détachés
Qui joue près d'un chien assoupi

Tout dort

Il y un vieux
Au regard détaché
Qui savoure la vie au soleil

Tout dort

Ou tout semble dormir
Dans la torpeur canicule
Tout près de l'ombre en pierre
D'un vieux café désert

Il y a un chien
Il y a une enfant
Il y a un vieux

Dans le café désert
Les tables sont chevaux de chaises
Qu'on aura posées là
Pour sortir la poussière
A la lumière du dehors

Où tout semble dormir
Dans la torpeur canicule
D'une journée d'été


Pascal Depresle

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Pascal Depresle
3 h ·

Peut-être cela arrivera-t-il
Un jour
Une nuit

La nuit du quatre au cinq août qui peut savoir

Demain n'existe pas
C'est un concept de temps
Et de jeu
Comme à travers les étoffes
Danse
Un théâtre de Nô

Masque impassible qui descendrait d'effluves

Le visage de cire
N'a chez Grévin
Pas de billet
D'entrée

Ne restera de toi que la porte de l'Est qui grince tous les soirs

Derrière les grands pins
On creuse encore

Pascal Depresle

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Pascal Depresle
4 h ·
Et si j'ai tant rêvé d'ailleurs
Qui ne sont jamais arrivés
Qui donc ici aura le cœur
De pouvoir me le reprocher

Je veux mettre ma vie sur vibreur
Puis la passer en mode avion
Pour que les cris
Et les peurs
Ne poussent plus dans mes saisons

Et si j'écris toujours autant
C'est pour graver mes souvenirs
Pour les offrir au premier vent
Venu m'apporter un sourire

Non je ne suis pas mendiant
Même si mes bras se tendent encore
D'avoir un reste de vivant
Pour sculpter en songes ton corps

Et si l'ont dit que c'en est trop
Et si l'on dit que c'est fini
Je prendrais le prochain bateau
Qui me mènera où tu ris

Il n'y a pas de plage vierge
Qui fasse peur à mon demain
J'irai jusqu'à brûler un cierge
Pour pouvoir caresser ta main.

Pascal Depresle

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Pascal Depresle
20 h ·
Manquer de savoir vivre,
c'est à la portée du premier sapiens venu.
Mais le savoir mourir,
qui s'en occupe ?
Caché, pas vu, pas pris,
on donne de jolies couleurs aux corbillards,
ne pas effrayer les vivants,
ne pas les déranger avec la mort.
Il faut qu'ils produisent,
il faut qu'ils consomment.
Cacher, colorer, masquer,
du moment que le beau l'emporte sur le vrai,
et continuer sa route,
comme si de rien n'était,
comme s'ils n'avaient jamais existé,
tout ces êtres de chair et de sang
qui longèrent notre chemin.
Pourtant, je rêve de me poser un instant,
tenter de traverser le miroir,
de traverser le mouroir,
quitte à ne jamais revenir
vous dire ce qu'il y a derrière.
Ce serait un risque assumé,
il suffira de me mettre dans la colonne « moins »,
pour équilibrer un peu,
et puis recouvrir mon souvenir
de jolies couleurs, et de beaux mots.
Le spectacle doit continuer,
et la machine ne peut se permettre
de s'arrêter.
Approchez, mesdames et messieurs,
ne circulez pas, il n'y avait rien à voir,
n'oubliez pas de prendre votre ticket
aux caisses placées devant vous.

Pascal Depresle

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Pascal Depresle

1 Jour ·

Les quatre coins du monde
Voir si la terre est ronde
Comme une image pieuse
Ou un clodo qui pue et biberonne au goulot
La vie n'a pas le temps pour marquer tous les stops

Alors on agonise mais en courant plus vite
Hamster prisonnier
D'une histoire redondante
Sans fin
Tambour qui essore plus qu'il ne fait fanfare
Dans le silence espace des lendemains de fêtes
Où tu n'es pas convié

Si le zèbre peint ses rayures au matin c'est pour s'emprisonner
d'une passion qui n'est jamais la sienne

Courbes et déliées d'un corps
En ombres qu'on dit chinoises
Le chien tenait en laisse
Une demie poche
Un clodo
Un pue des pieds du cul et de tout ce qui fait orifice
L'humain s'entraîne parfois trop bien
A la putréfaction qui lui tend une pièce
Pour mettre dans le juke-box

Dans les mares asséchées s'enfoncent des corps mous pour revenir
en vie le temps d'une pluie

Mais il ne pleut jamais sur nos histoires factices
Elles sont belles et soleil
Carnavals et couleurs
Paillettes de l'an nouveau qui collent aux seins des danseuses de Pole
Position tête en bas
Pour gagner trois billets jarretelles collés à la peau
Sans frisson

C'est ainsi qu'il était une fois une princesse aux lèvres de velours
Qui suçait encore mieux qu'un mec

Tu vois
Tout est question de point de vue si tu fermes les yeux

Pascal Depresle

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Pascal Depresle
07/07·

Mes paroles
Sont tes tas de boue
Pour endormir tes derniers doutes
Quand je te dis
Je t'aime
C'est je veux ton cul
Qu'il faut lire
C'est ta chatte
Baiser ta bouche
Jusqu'à écarteler tes maxillaires

Je t'aime
Mon amour ménopausée
Je t'aime
C'est jouir en toi comme quand j'étais
Doublure éjac
Et que j'en balançais
Comme la semeuse
Le geste en moins
Du moins
Pas dans le sens du vent

Coupez !
On le refait

Bordel ma queue tiendra jamais
- il dit tu sais Céline fait des miracles avec sa bouche mais ça je le
savais d'avoir fait des heures sup' pas déclarées -

Mes paroles sont des tas de baises

Pour te bouer
De mes fadaises
Tes orifices offerts
Au premier charlatan venu monter sa tente
Sur ton corps exposition

On en fera un film
Ou deux
Ou bien plus
Qu'on ne montrera pas aux gosses
Puisqu'on n'assume jamais ses génocides en technicolor
De nos parents
Un mouchoir
Plus tard

Je t'aime tu sais

Pascal Depresle

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Pascal Depresle
04/07/21

Demain je n'aurai rien d'autre à brader
Demain adieu famille travail patrie
Demain je vis pour ce que j'aime
Demain je vis pour ceux que j'aime
Demain
Adieu veau vache cochon
Je garde ma couvée
Adieu et puis merci patron
Vous quitter m'est si délicieux
Adieu les satellites obscur
Qui tournent comme des vautours
Adieu les plaintes
Adieu l'étreinte
Ce bruit que fait les os qui craquent sous le poids du fardeau
Adieu ma vie
Bonjour mes lendemains
Adieu demain
Demain
Ou un peu plus tard
Ou jamais
Tant il est vrai
Qu'on finit par aimer
Les chaînes Cayenne de nos vies
Nos nuit Saint Laurent du Maroni
Et les fers qui rouillent avec
Comme autant d'illusions
Alors demain
Bonjour mon jour
Comme tous les autres jours
De ceux
Ils sont comme moi
Si nombreux
Qui n'ont pas de courage

Pascal Depresle

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Pascal Depresle

Je dépèce
Pour comprendre
Ne garde que les crânes
Pour en disséquer
La matière
Chasseur d'hippocampes qui voudrait savoir
Ce qui fait
Qu'on y trouve
Ou pas
Une petite lumière
Vert fluo
Là où d'autres
Oublient
Jusqu'au sens
Non pas
Des convenances
Mais du simple vivre

S'envole un jet
Fumée de mojito
Le scalpel s'enfonce au plus profond des songes
Pour y chercher
La couleur
De la lumière

- fraise parmi les diabolos qui s'envolent les enfants arrachent leurs
masques pour mordre -

Demain
Tu ne recevras pas
La lettre
Que j'ai écrite
En braille
Au fond
De mon cerveau

Elle était à toucher
A prendre
A peindre aussi
De coquelicots marine et or
Et des restes de canicule qui finissent par glacer au soleil de fin juin

Pascal Depresle

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Pascal Depresle

11 h ·
Registre ouvert, le tabellion inscrit en pleines et déliées l'an deux mille et
vingt années, un vingt huit du mois que tu voudras : non.
Trois lettres.
C'est peu et beaucoup à la fois pour un silence.
Une seule de bonne dans ce que tu aurais voulu.
On n'a pas toujours ce que l'on veut, dans la vie, bien loin s'en faut.
Entres noires et blanches, le temps nous vole comme avec lui le vent fait
frissonner les mèches blanches, les mèches brunes.
Sonate au clair de rien, partition de silence qu'un orchestre fantôme jouera
dans la moiteur muette d'une corbeille vide.
Le fleuriste s'est pendu au sapin de Noël, pour ne pas avoir à le jeter.
A le brûler.
Comme on traite la terre d'avoir aimé, mais avec si peu de place pour les
souvenirs qu'il faut en faire un sac poubelle, qu'on ira balancer le plus loin
possible sur le périph'.
Tant pis s'il doit revivre, Saint-Ouen , ses biffins ne sont pas des voisins.
Du moins pas fréquentables.
Alors tu sais, qu'ils vendent des morceaux de toi, de moi, où pire, de nous, tu
t'en bats les ovaires comme la première pipe venue.
A ceci près que j'aimais bien, parce que tu faisais de ton mieux.
Comme ces types aux étals de chiffons et de vieux dentiers qui voudraient
encore nous faire croire qu'ils peuvent parler, prothèses et chiffonniers, nous
raconter de belles histoires d'amour, tu sais, de celles qui commencent par "il
était une fois" et qu'on peut raconter aux petites filles sans qu'elles ne
mettent les mains sur les oreilles.
Ou sans qu'on ne leur mette la main derrière la tête.
Parfois le silence n'a ni roi, ni loi.
Ou celle du plus fort.
A lire tout ça, il y en a qui diront que ça fait beaucoup pour un seul
bonhomme.
D'autres qui ne diront rien.
Et la majorité de ceux qui restent qui s'en moqueront, à juste titre.
Peut-être cela mettra t-il un terme à ces jours de migraines et d'insomnies ?
A attendre que le temps passe le cerveau béant et puant des pieds allongé
sur un canapé griffé par une poignée de chats qui se frottent à toi juste
quand ils ont froid.
Rien n'est moins sur, mais je ne suis pas devin.
Pas même entre deux vins.
C'est bien dommage,
A choisir, un Gigondas fera l'affaire, ou un Pouilly-Fuissé, j'ai une sale gueule
mais le bec fin.
Plus que l'esprit au régime sans sel qui fait sa matière.
Demain ?
Demain il me faudra apprendre par cœur ce que j'écrivais dans "L'enfant des
Poubelles", me le réciter chaque jour, comme si je faisais de moi mon propre
classique.
Classieux, vaniteux et pathétique à la fois,
Plaintif, aussi, ça va sans dire.
Mais c'est comme ça, s'en détourne à qui déplaise.
Tu sais, samedi, j'ai bandé à blanc toute la journée.
Pour être honnête même jusqu'à dimanche matin.
Comme si j'avais fait l'amour avec une boite de Sildénafil sans protection,
conscient de pouvoir attraper ce maxi virus acide hyaluronique mille qui
ferait ma tentation.
Tu t'en branles ?
Faut avouer que ce n'est pas un scoop, mais si tu cherches de l'info, tu t'es
trompé de torchon, c'est pas avec du numérique qu'on se frotte le cul.
Ni qu'on se lave la queue,
Tu vois, c'est aussi ça ma damnation.
Tout te dire, même le plus gris de mes dégueulis, dans des bouilles de mots
qui sentent le renvoi de nouveau-né.
Ma rédemption ?
A voir si un jour tout recommence.
Alors pourquoi pas ?
Et puis tout recommence.
Un jour, sans qu'on y prenne garde,
miroir, ô mon miroir, voilà que je te parle enfin,
on s'habille de beau,
on s'habille de vie,
on sent battre son coeur qu'on croyait endormi,
tout près du précipice, où il voulait voler,
alors qu'il se repaît d'un sang nouveau qui coule.
Alors tout recommence.
Devant les vitrines illuminées renvoyant son image,
on relève son col, on bombe un peu le torse,
on joue un peu le mâle quand on vient de l'enfer
et des flammes d'enfance qui, tel un grand brûlé,
laissent des cicatrices à jamais sur la peau,
et sur le bout des doigts,
pour caresser des grains qui portent la tempête.
Enfin tout recommence.
Dans ce dédale obscur qu'on appelle la vie,
où le moindre faux pas se paie au prix de l'existence,
un sourire refleurit, là, au coin d'un bouche,
un espoir nous revient, tel un nid de phénix,
des cendres ressuscitées que sont nos souvenirs,
ces braises jamais éteintes qui brûlent toujours en nous,
comme le besoin d'aimer cette femme qui brille.
Putain, t'imagines une seconde si j'avais raison ?
Je retourne à Saint-Ouen.
J'ai des regards et des sourires à brader.
Pour payer mon splif du jour,
Un beau bédo avec une fin rouge comme la mort d'une aurore.
Ça ferait presque rêver.

Pascal Depresle

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Pascal Depresle
25/06 ·

Ainsi
Baisent les morts
Parfois ce qu'il en reste
Qui s'enclument
En se retournant
De leur légéreté
Lourdeur passée
Des porteurs
Aux regards compassion
Qui sentent
L'eau bénite
Et les renvois de saucisson cuit du café de l'Eglise.

Eglise
La glaise
Le trou
On en sort
On passe sa vie à y mettre ses doigts
Ou toute autre chose
Puis un jour
On y retourne
Goupillon
Qui rince la vieille bouteille que tu têtes
Qu'on met en cave
Ou en bière
Il en faut pour toutes les amertumes

T'en a qui pleurent
T'en qui reniflent
T'en a qui se pèlent
d'ennui
de froid
de se peler simplement
T'en a qui font semblant
T'en a qui pètent – sans bruit savent se tenir -
T'en qui qui baiseront après
T'en a qui bandent dans leur velours côtelé
T'en a qui mouillent leurs coton d'hiver

- Les femmes ne portent plus de bas noirs aux enterrements et c'en est si triste
que je n'irai pas au mien -

Je les regarde qui puent
De tous leurs orifices
Dernier hommage rendu au défunt
Qui le leur vaudra bien

En effluves charnelles


Pascal Depresle

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Pascal Depresle
3 juin, 22:01 · ·

Papa n'avait qu'un seul costard.
Celui de ses fiançailles, qui devait tailler grand.
Papa n'avait qu'un seul costard.
Celui des épousailles, qui devait tomber juste.
Papa n'avait qu'un seul costard.
Celui des retrouvailles, qui serrait un peu trop
Dans le petit bistrot
Sans douté rêvé pour lui
Mominette libre service
Casquette et chapeau de tôle
Pour raconter des cracks
Et puis Ali toujours au rade
Qui prosélitait le gris
Boulaouane en étendard
De leurs croyances.

Papa n'avait qu'un seul costard.
Moi j'en ai plein
D'avoir joué ma partition
De truc social qui monte
Alors que les égouts sont proches
Qui nous servent de bain
Mais bien si peu de jours
Avant que de prendre avec moi
Le jour de son âge
Son putain de naufrage

Papa n'avait qu'un seul costard.
Qu'il ne portait jamais.
A lui il préférait
Son costume de clown
Au vin gai et rieur
Ces chaussures un peu grandes
Ces histoires à boire
Dont j'ai gardé les larmes
Et guise d'héritage.

Papa n'avait qu'un seul costard.
Un peu usé aux coudes
Odeur de naphtaline
Pour un trop grand voyage
Tu vois ça fait la maille
Même en tirant un peu
Sur les coutures blanches

Pascal Depresle

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17 Mai 21 ·

On n'apprend pas le retour vers le néant
Faute de survivants
Faute de revenants
Pas de modèles à suivre en exemplarité
Pas de bonheur en deal à se sentir retourner vers le rien
Au passage
D'un niveau tutélaire qui jamais ne se bouge
D'avoir été planté une bonne fois pour toutes
En virages de rails qui éloignent toujours
Qu'ils soient de coke ou de retards
On apprend à se sentir coupable
Plus capable
Le regard scrutateur des marchands de vertu
Qui fouillent
Sans un échantillon à donner en partage
Pour savoir de quelle douleur elle est
Ou comment elle régit
Ceux qui veulent juste vivre

Loin des dunes de boue provoquées par les mines
Le cri des sternes n'est qu'un écho
Qui renvoie le silence
Vers le vide

®Pascal Depresle

Pascal Depresle

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08/05/21


S'il est dit dans des mots d'amour
Que les anges existent
Qu'ils sont parfois lubriques
Faits de sexes et de triques
Les seins ont-ils des elles
De celles qui donnent
Qui aiment sans compter
Qui s'offrent pour ne rien oublier
Puis se petit poucer demain
De quelques cailloux roses
Pour qu'il n'oublie jamais
La route du retour
Que la marée des corps
Où échouent en silence
Les promesses
Faites aux étoiles
Le ramène à elle
Comme dans un conte
Bien plus que mille nuits

®Pascal Depresle

Pascal Depresle

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Pascal Depresle / Magali Fénoglio.



Etranges nuits si longues
Entre manques si lourds de nos folies étranges
La vie s'apprend
Comme après l'accident
D'où s'égrènent les peaux des vieilles valises
Ecorchées
Celles qu'on traîne sans s'en libérer
Alors qu'elles nous freinent
Rien qu'en pensées
Sereines attentes apprivoisant
Les draps carrefours
De nos corps désordre
Il est écrit en moi
Mon amour
Je t'aime comme je respire

4 mains par Messenger
avec mon amie Magali Fénoglio
Photo ®Pascal Depresle

Pascal Depresle


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-Publication du 21/04/21-



Il ne faut pas jouer aux peurs
Quand on dit qu'on aime son cœur
Et ses yeux de petite fille

Il ne faut pas attendre l'heure
Quand on dit qu'on vole son cœur
Et ses mille trésors qui brillent

Car aux tréfonds de nos artères
Vivent des monstres pas encore morts
Car bien nés au creux de la mer
Nagent des ombres matadors
Car tout au fond même de la terre
Des démons dévorent des trésors

Qui n'attendent que ces instants
Pour brûler à nouveaux le vent
Qui ne demande que caresses

Qui sont autant d'instants perdus
De mots crachés qu'on n'a pas bus
Au milieu des moments d'ivresse

Il ne faut pas jouer aux peurs
Quand on dit qu'on aime son cœur
Et ses yeux de petite fille

© Pascal Depresle

Pascal Depresle

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-Publication du 09/03/2021-



L'épaisseur du trait
Où traversent funambules
Les amoureux
De lendemains
De routes
S'étire
Jusqu'à blanchir
Souffre
Puis se retient de rompre
Les souffles
Encore inconnus
Les corps
Pas encore à nu
Entre dunes et marées
Entre marais et hunes
D'où on apercevrait
La terre
Les fontaines
Les rivières
Et toutes les sources à boire
Qui restent
A découvrir
Quand demain
Te demande
En rauque râle
En moque mâle
De t'aimer
De dormir
Se tenir chaud
S'aimer
Mourir Puis revivre un instant pour mieux aimer le noir
L'obscurité des corps
Quand ils sont
En puzzles
A coller face au mur
Qui se disent
Qu'ils s'aiment
Juste en tenant
Leurs yeux
Avant que leurs mains
Frimas
Ne se disent
Les corps
Qui s'attendaient

© Pascal Depresle

Pascal Depresle


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-Publication du 30/01/21-



Je cherche un paradis à visiter
Et s'il n'en reste plus
Rien qu'un bout de ciel
Rien qu'on bout de nuage
Des émotions qui viendraient d'un autre âge
Des bouteilles lancées qui reviendraient d'un naufrage
Où les victimes sont encore envie
Envie de l'être
Semer le doute
Semer la route
Mettre mon corps dans l'ombre de tes désirs
Partir en tour du monde
Tout autour
De tes yeux
De ton corps
Franchir ta ligne
Blanche et continue
Qui m'empêche de doubler
Mauvais acteur
Mauvais amant
Mauvais vivant
Mauvais pendu
Qui balance entre bitume et champs
Entre son âge et les souvenirs cerise des printemps de son enfance
J'irai par les chemins moi aussi
S'il me reste de quoi
Me perdre
Une dernière fois


© Pascal Depresle

Pascal Depresle


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-Publication du 07/11/20-



J'ai pris une douche
Puis enfilé
Des vêtements propres

Dégagé des douteux
Qui font mon quotidien
Pour m'habiller
D'odeurs qui me bercent
Me rassurent
Me laissent à penser
Que rien
Ne peut m'atteindre
Pas même la mort

J'ai pris une douche
Puis enfilé
Des vêtements propres

Senteurs en cou
Pulvérisées
Exhalées
Pour son plus grand plaisir
Du moins mon film
Se débobine ainsi
J'en suis l'acteur
Assis qui se regarde vivre
J'ai alors pris
Le temps
J'en avais désormais
Le droit

De lui écrire enfin quelques mots d'amour


© Pascal Depresle

Pascal Depresle


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-H19-



Tant que le feu caresse la forge
Qu'importe au fond l'horloge.

Je veux demain,
Je veux tes mains,
Je veux tes seins,
Je veux tes reins,
Tes yeux soleil,
Mille et une merveilles,
Mes baisers de treille,
Tes lèvres groseille.
Un jour, une nuit,
Un moment, une vie.

© Pascal Depresle

Pascal Depresle


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-Publication du 03/10/20-



À l'instant
J'ai trop traîné sous la pluie
A rassembler mes souvenirs
Persuadés qu'on pourrait en tirer
Non des leçons
Mais des morceaux d'échanges
Comme autant de pain tendu
Pour conter les repas que nous n'aurons pas eus
Que nous n'aurons jamais
Pas même à emporter dans des papiers écrits
Qu'un jour le vent lira
Peut-être

Mon histoire se perd là où naît la violence

Puisque la vie dit-on est fête
Mais ne loue pas la salle

Dans le creux du silence où je m'étais lové
Pour mieux encore en saisir
Tout n'est que relatif
Dans ce qu'on peut tenter de retenir
La terreur qui palpite de caresser sa fin
Ses cris désargentés qui se crèvent les yeux
De n'avoir plus d'espoir à pouvoir contempler
Si ce ne sont des rêves
Privés d'images
Qui font les cauchemars
Sans autre souvenir
Que la peur d'avoir peur de regarder devant

Le pouls qui s'affole
Le pouls qui s'affaisse

Toutes les histoires de cœur ne parlent pas que d'amour
Toutes les artères n'ont pas forcément de bateau pour circuler
Voire un simple embouteillage pour en bloquer le flot

Il faisait froid et chaud
Il faisait faim et satiété
Absence de sens
De mes maux giratoires
Qui se passaient de moi pour aller de l'avant
Mauvais calendrier qui ne dit pas ses dates
Pas ses jours
Pas ses anniversaires

Somatise ta mère au fond des caveaux froids
Balayés par le vent et noyés par la pluie
Comme les petites d'elle au bûcher mécanique
Condamnées sans procès
Qu'on passe en pertes d'un simple trait de plume
Mais que nul profit ne rattrape jamais
Cette nuit qui m'embrasse en me disant je t'aime
N'est en rien le début d'une belle histoire d'amour
Sinon sur la longueur
Je suis un fils d'octobre qui renie tout son temps
Son espace parfois
Et les milles perles de passion qu'on ne retrouve jamais
Quand le collier se brise

Pour vivre comme pour mourir
Il est des rives inconnues qui n'attendent que nous

Le voyage est inclus dans le prix à payer
Faut-il encore le préciser à chaque fois

© Pascal Depresle

Pascal Depresle


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-Publication du 02/08/2020-



Et si j'ai tant rêvé d'ailleurs

Qui ne sont jamais arrivés

Qui donc ici aura le cœur

De pouvoir me le reprocher



Je veux mettre ma vie sur vibreur

Puis la passer en mode avion

Pour que les cris

Et les peurs

Ne poussent plus dans mes saisons



Et si j'écris toujours autant

C'est pour graver mes souvenirs

Pour les offrir au premier vent

Venu m'apporter un sourire



Non je ne suis pas mendiant

Même si mes bras se tendent encore

D'avoir un reste de vivant

Pour sculpter en songes ton corps



Et si l'ont dit que c'en est trop

Et si l'on dit que c'est fini

Je prendrais le prochain bateau

Qui me mènera où tu ris



Il n'y a pas de plage vierge

Qui fasse peur à mon demain

J'irai jusqu'à brûler un cierge

Pour pouvoir caresser ta main.

© Pascal Depresle

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-Publication du 29/07/2020-



A chacun sa poubelle pour dégueuler ses morts


Ceux qui parlent de mère

Sans connaître le vide

De leur absence

Mais ça fait

Pas le beau temps

Sur Radio Ego

Pas même une broncho

à soigner antibios



Faudra t'y faire gamin pour passer dans le temps



T'as les vertes

T'as les jaunes

T'as les rondes

T'as les avec couvercle

T'as tout ce que tu veux en stock pour bien trier ta vie



Parler de ta mère

A nouveau

La moquer

Tendrement

Diras-tu

Sale connard qui ne pense qu'à sa gueule de pute

Puis chialer

Maman est morte

Ô comme je t'aimais

Ô comme je t'aime

Ô comme je t'aimerai



A bien hériter des tics de ceux qu'on côtoie pour se faire aimer

On arrive à sucer des trucs qu'on ne peu plus nommer

Ou alors faut dire les mots

Mais c'est bancal ton truc

Ça plaît pas aux machos

Les féministes s'en battent les ovaires (la trouvaille en un siècle de combats)

Finalement tout le monde s'en branle



Au propre

Au douteux

Comme au défiguré

Quand tu jouis dans tes nippes

A y mettre les doigts

Dedans ou autour

C'est selon



Quand tu penses à tous ceux qui ont peur des morts quand le mot peut tuer



Le foutre à la poubelle

Je saurai pas laquelle

Aux chiottes

Torrent d'oubli

Le génocide mouchoir en papier


A moins de le laisser sécher pour lui donner un nom dans le move qui pourrira demain


Tu crois qu'il m'appellera papa un jour si c'est une fille ?


© Pascal Depresle

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-Publication du 19/07/2020-




Dans le cirque du temps volent les acrobates

Les mains se serrent

Les mains se talquent

Les mains se sèchent

Frêles attaches solidaires du vide



Le singe n'est qu'un singe s'il est regardé comme tel



Au fond de la rue du Crime

Qui n'existe plus

Que pour les vieux à souvenirs et aux bancs écaillés

Sont murées des images

Qui n'ont d'importance

Que pour qui a aimé



L'autre est toujours celui qu'on croit voir clé en mains ouvrir le monde qu'on rêverait de parcourir



Une libellule

Une histoire d'amour

Un jour de pluie

Au bout d'une ruelle pavée luisante de lumière



Tout finit par s'éteindre



Pierre lâche un soupir le SMS ne viendra pas

Sandra pousse un soupir elle ne répondra pas au SMS

Un gamin remonte en danseuse la rue pavée

Un chien s'endort à l'ombre de son maître

Un type crasseux fait la manche

Un appel ne retentit pas sur mon smartphone

A la criée d'Amsterdam on ne vend que du cul en vitrine



Dans une salle enfumée

Quelques marlous au palmarès douteux

Tordent les brèmes à savoir qui aura l'as de cœur

Le même offert

En pendentif

A la première gitane venue

Qui refusait

De me lire l'avenir

Comme de me faire

L'amour



Extrasystoles des paradoxes qui marquent mon tracé d'électro

Il fallait en passer par là

Pour retrouver le goût du sable



Comme celui des pistes de cirque



Le singe n'est qu'un singe s'il est regardé comme tel



A toi de décider


© Pascal Depresle

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-Publication du 22/07/2020-

L'accusé reconnaît


Quelques bulles

Quelques soubresauts

Dans le vieux sac en jute



Aviez-vous conscience que noyer même des chatons est passible de peine ?



De peine

Et de chagrin

Ça va sans dire

Mais il fallait le faire

Monsieur le juge



Le miroir répète mais il fallait le faire

Ce n'est qu'un jeu

Un simple je

Aussi

Quand tu

Nous tues

De ne plus résonner



En mimes blancs et noirs l'enfant s'absout

Vous avez la parole

Accusé

De ne mot dire puisque marionnette de sang aux silences cristallins



Ce n'est qu'un je

D'enfant

Je joue à faire semblant

De tuer les chatons

De construire mes barreaux

De ces amours prisons


C'était il y a tant d'années

Comme un scaphandre qui prendrait l'eau

Aux verres des génériques

Qu'on avale

Films et capsules

Pour oublier



Un peu



Puisses-tu une nuit me pardonner



Ce soir debout devant la glace je regarde en silence mes deux mains assassines


© Pascal Depresle



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