Écrivain

Pascal Depresle 

 



" La vie de Pascal Depresle ressemble, à bien des égards, à un roman. Mais il aura fallu trente-quatre ans avant que l'auteur ne se décide à la raconter.

Avec ses trois premiers ouvrages, une trilogie poétique intitulée Le cri des autres, c'est ce parcours quelque peu chaotique que raconte l'auteur, entre hasards du destin et drames personnels. Enfant précoce, le jeune Pascal est promis à un avenir des plus radieux. « J'avais des facilités qui m'ont amené à sauter deux classes. Mais j'étais flemmard à l'époque », dit-il. Flemmard, et un brin perdu. À quatorze ans, le gamin de Montluçon souffre de l'écart générationnel qui le sépare de ses camarades. « C'est particulier d'avoir des potes avec des voitures lorsqu'on n'a même pas l'âge d'avoir une mobylette.»

« Écrire c'est quelque chose d'assez intime, j'en parlais très peu dans mon cercle familial, surtout par peur du jugement.»

Autodafé volontaire. Mais c'est un événement tragique qui va définitivement faire basculer Pascal Depresle dans l'âge adulte. Orphelin de père à quatorze ans, l'adolescent fait alors ses premières armes dans la rue. « Avec des gens peu recommandables, la pègre en somme », murmure-t-il pudiquement. Se joue alors une partition particulièrement trouble de sa vie. Ses « bêtises » comme il aime à les qualifier débutent lorsqu'il n'a que seize ans. Étudiant en lettres modernes et lettres classiques à Clermont-Ferrand, le jeune Pascal jongle alors entre petits larcins et premiers émois d'une passion dévorante pour l'écriture.

Je n'ai jamais eu affaire à la justice, mon casier est vierge. Ce que j'appelle mes bêtises, c'est en fait, à y réfléchir, l'exploitation des mineurs par les caïds de la pègre clermontoise et lyonnaise, dont j'étais plus victime qu'autre chose. Mais ce monde de la nuit reste une source inépuisable d'inspiration et d'anecdotes. »

Déjà à l'époque un petit signe du destin a failli changer radicalement la donne. En 1982, sur les bords de la Besbre, non loin de Montluçon, il y croise le romancier bourbonnais René Fallet à l'occasion d'une partie de pêche. Une rencontre fortuite, qui voit éclore une opportunité inattendue.

Déjà à l'époque un petit signe du destin a failli changer radicalement la donne. En 1982, sur les bords de la Besbre, non loin de Montluçon, il y croise le romancier bourbonnais René Fallet à l'occasion d'une partie de pêche. Une rencontre fortuite, qui voit éclore une opportunité inattendue.

« J'écrivais un roman à l'époque, et René Fallet m'avait conseillé auprès d'un éditeur qui travaillait pour Denoël. Mais je ne sais pas ce qui s'est passé, une panique soudaine, j'ai foutu le feu au manuscrit. »

De cet autodafé volontaire resteront des bribes, quelques cahiers et des morceaux choisis qui composeront, bien plus tard, la trilogie poétique de l'auteur. Mais l'heure était encore à la débrouille et aux mauvaises actions. Pascal devient alors « porteur de valise », mais il l'assure, « je n'ai jamais regardé ce qu'il y avait dans ces valises ». « Mineur et sans argent, quelle aubaine pour eux, car j'étais une victime bien consentante. Ayant grandi en cité, à la Verrerie, moi qui me prenais pour un petit caïd, j'ai croisé de grandes figures qui m'ont ramené à mon état de petit merdeux sans envergure ».

L'armée ? Une sale période quand à pas vingt ans on doit donner la mort

Mais la raison finie par l'emporter : il veut laisser tomber, « mais ils n'étaient pas d'accord », dit-il. Et c'est à cause de ces « ils » qu'à vingt ans, un diplôme en poche et d'anciennes connaissances peu amènes à oublier, Pascal Depresle prend la tangente. Une première dans l'armée, au Tchad, Liban, Centre Afrique, ainsi que tous les pays qui bordent le désert du Sahel.

« Une sale période quand à pas vingt ans on doit donner la mort. J'en garde certes un traumatisme, mais aussi cet esprit de corps et de camaraderie, qui faisait qu'on partait ensemble et qu'on arrivait ensemble. Et un attachement quasi charnel à la patrie et aux valeurs de la République, pas au nationalisme, surtout pas, mais au patriotisme dans ce qu'il a de plus noble. »


Un nouveau recueil et deux romans en préparation

C'est à l'issue de ses nombreuses vies, que Pascal Depresle s'est retournées vers sa vocation première. Il aura fallu l'insistance des deux auteurs, comme lui, amateurs et passionnés, notamment Sylvain Josset et Arkel, pour que la dernière reconversion de sa vie se mette en place. Le cri des autres a été une première délivrance, « une libération », pour reprendre les termes de son auteur. « C'est noir, même trash ; on peut le dire. Certaines choses sont autobiographiques, d'autres sont fantasmés. Mais le ton y est sombre. »

Désormais, la machine semble lancée. Son quatrième recueil est en cours de correction, tandis que l'auteur planche sur la finalisation de deux romans. Tout cela avant d'entamer une œuvre qui pourrait bien être le paroxysme d'une carrière tardive. « Un polar qui aurait Montluçon pour toile de fond ».



Source Texte: Sid Benahmed

lamontagne.fr

_________________________________________________________________________



-Publication du 03/10/20-



À l'instant
J'ai trop traîné sous la pluie
A rassembler mes souvenirs
Persuadés qu'on pourrait en tirer
Non des leçons
Mais des morceaux d'échanges
Comme autant de pain tendu
Pour conter les repas que nous n'aurons pas eus
Que nous n'aurons jamais
Pas même à emporter dans des papiers écrits
Qu'un jour le vent lira
Peut-être

Mon histoire se perd là où naît la violence

Puisque la vie dit-on est fête
Mais ne loue pas la salle

Dans le creux du silence où je m'étais lové
Pour mieux encore en saisir
Tout n'est que relatif
Dans ce qu'on peut tenter de retenir
La terreur qui palpite de caresser sa fin
Ses cris désargentés qui se crèvent les yeux
De n'avoir plus d'espoir à pouvoir contempler
Si ce ne sont des rêves
Privés d'images
Qui font les cauchemars
Sans autre souvenir
Que la peur d'avoir peur de regarder devant

Le pouls qui s'affole
Le pouls qui s'affaisse

Toutes les histoires de cœur ne parlent pas que d'amour
Toutes les artères n'ont pas forcément de bateau pour circuler
Voire un simple embouteillage pour en bloquer le flot

Il faisait froid et chaud
Il faisait faim et satiété
Absence de sens
De mes maux giratoires
Qui se passaient de moi pour aller de l'avant
Mauvais calendrier qui ne dit pas ses dates
Pas ses jours
Pas ses anniversaires

Somatise ta mère au fond des caveaux froids
Balayés par le vent et noyés par la pluie
Comme les petites d'elle au bûcher mécanique
Condamnées sans procès
Qu'on passe en pertes d'un simple trait de plume
Mais que nul profit ne rattrape jamais
Cette nuit qui m'embrasse en me disant je t'aime
N'est en rien le début d'une belle histoire d'amour
Sinon sur la longueur
Je suis un fils d'octobre qui renie tout son temps
Son espace parfois
Et les milles perles de passion qu'on ne retrouve jamais
Quand le collier se brise

Pour vivre comme pour mourir
Il est des rives inconnues qui n'attendent que nous

Le voyage est inclus dans le prix à payer
Faut-il encore le préciser à chaque fois

© Pascal Depresle



Page Facebook Pascal Depresle.



_________________________________________________________________________



-Publication du 02/08/2020-



Et si j'ai tant rêvé d'ailleurs

Qui ne sont jamais arrivés

Qui donc ici aura le cœur

De pouvoir me le reprocher



Je veux mettre ma vie sur vibreur

Puis la passer en mode avion

Pour que les cris

Et les peurs

Ne poussent plus dans mes saisons



Et si j'écris toujours autant

C'est pour graver mes souvenirs

Pour les offrir au premier vent

Venu m'apporter un sourire



Non je ne suis pas mendiant

Même si mes bras se tendent encore

D'avoir un reste de vivant

Pour sculpter en songes ton corps



Et si l'ont dit que c'en est trop

Et si l'on dit que c'est fini

Je prendrais le prochain bateau

Qui me mènera où tu ris



Il n'y a pas de plage vierge

Qui fasse peur à mon demain

J'irai jusqu'à brûler un cierge

Pour pouvoir caresser ta main.


© Pascal Depresle



Page Facebook Pascal Depresle.



-Publication du 29/07/2020-



A chacun sa poubelle pour dégueuler ses morts


Ceux qui parlent de mère

Sans connaître le vide

De leur absence

Mais ça fait

Pas le beau temps

Sur Radio Ego

Pas même une broncho

à soigner antibios



Faudra t'y faire gamin pour passer dans le temps



T'as les vertes

T'as les jaunes

T'as les rondes

T'as les avec couvercle

T'as tout ce que tu veux en stock pour bien trier ta vie



Parler de ta mère

A nouveau

La moquer

Tendrement

Diras-tu

Sale connard qui ne pense qu'à sa gueule de pute

Puis chialer

Maman est morte

Ô comme je t'aimais

Ô comme je t'aime

Ô comme je t'aimerai



A bien hériter des tics de ceux qu'on côtoie pour se faire aimer

On arrive à sucer des trucs qu'on ne peu plus nommer

Ou alors faut dire les mots

Mais c'est bancal ton truc

Ça plaît pas aux machos

Les féministes s'en battent les ovaires (la trouvaille en un siècle de combats)

Finalement tout le monde s'en branle



Au propre

Au douteux

Comme au défiguré

Quand tu jouis dans tes nippes

A y mettre les doigts

Dedans ou autour

C'est selon



Quand tu penses à tous ceux qui ont peur des morts quand le mot peut tuer



Le foutre à la poubelle

Je saurai pas laquelle

Aux chiottes

Torrent d'oubli

Le génocide mouchoir en papier


A moins de le laisser sécher pour lui donner un nom dans le move qui pourrira demain


Tu crois qu'il m'appellera papa un jour si c'est une fille ?


© Pascal Depresle



Page Facebook Pascal Depresle.



-Publication du 19/07/2020-




Dans le cirque du temps volent les acrobates

Les mains se serrent

Les mains se talquent

Les mains se sèchent

Frêles attaches solidaires du vide



Le singe n'est qu'un singe s'il est regardé comme tel



Au fond de la rue du Crime

Qui n'existe plus

Que pour les vieux à souvenirs et aux bancs écaillés

Sont murées des images

Qui n'ont d'importance

Que pour qui a aimé



L'autre est toujours celui qu'on croit voir clé en mains ouvrir le monde qu'on rêverait de parcourir



Une libellule

Une histoire d'amour

Un jour de pluie

Au bout d'une ruelle pavée luisante de lumière



Tout finit par s'éteindre



Pierre lâche un soupir le SMS ne viendra pas

Sandra pousse un soupir elle ne répondra pas au SMS

Un gamin remonte en danseuse la rue pavée

Un chien s'endort à l'ombre de son maître

Un type crasseux fait la manche

Un appel ne retentit pas sur mon smartphone

A la criée d'Amsterdam on ne vend que du cul en vitrine



Dans une salle enfumée

Quelques marlous au palmarès douteux

Tordent les brèmes à savoir qui aura l'as de cœur

Le même offert

En pendentif

A la première gitane venue

Qui refusait

De me lire l'avenir

Comme de me faire

L'amour



Extrasystoles des paradoxes qui marquent mon tracé d'électro

Il fallait en passer par là

Pour retrouver le goût du sable



Comme celui des pistes de cirque



Le singe n'est qu'un singe s'il est regardé comme tel



A toi de décider


© Pascal Depresle



Page Facebook Pascal Depresle.



-Publication du 22/07/2020-

L'accusé reconnaît


Quelques bulles

Quelques soubresauts

Dans le vieux sac en jute



Aviez-vous conscience que noyer même des chatons est passible de peine ?



De peine

Et de chagrin

Ça va sans dire

Mais il fallait le faire

Monsieur le juge



Le miroir répète mais il fallait le faire

Ce n'est qu'un jeu

Un simple je

Aussi

Quand tu

Nous tues

De ne plus résonner



En mimes blancs et noirs l'enfant s'absout

Vous avez la parole

Accusé

De ne mot dire puisque marionnette de sang aux silences cristallins



Ce n'est qu'un je

D'enfant

Je joue à faire semblant

De tuer les chatons

De construire mes barreaux

De ces amours prisons


C'était il y a tant d'années

Comme un scaphandre qui prendrait l'eau

Aux verres des génériques

Qu'on avale

Films et capsules

Pour oublier



Un peu



Puisses-tu une nuit me pardonner



Ce soir debout devant la glace je regarde en silence mes deux mains assassines


© Pascal Depresle



Page Facebook Pascal Depresle.






Pascal Depresle 















Page Facebook

Pascal Depresle.


© 2020 ONESA.ch All rights reserved

ONESA
-2020-